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2000 : Vagues de pollution, impacts et prévention > TR 3 : L’eau à la bouche : Pollutions industrielles, agricoles, la loi sur l’eau et la sécurité sanitaire >  Discours de Michel Branchard

Discours de Michel Branchard

Directeur du Laboratoire de Biotechnologie et Physiologie Végétale, Institut des Sciences Agroalimentaires et du Monde Rural (ISAMOR / UBO)

Biographie :

BRANCHARD Michel

Compte rendu :

Téléchargez "Les plantes au service de la dépollution" texte de M.Branchard


Transcription :


20 octobre 2000 TR3


Discours de Michel Branchard :


On sait très bien que quand on a une série de sites pollués, ces sites pollués vont polluer les rivières, entraînant une atteinte potentielle de la qualité de l’eau. Il faut se préoccuper de ces sites pollués, voir comment on pourrait les nettoyer.
Ces sites pollués vont des anciennes décharges jusqu’aux boues d’épuration dont on parle de plus en plus.Dans les causes potentielles, ça va des nitrates en passant par les pesticides et les métaux lourds. On n’en parle pas beaucoup mais ce sont des agents de pollution à prendre en considération parce qu’il y en a beaucoup dans la nature.De plus en plus malheureusement. Ce sont des agents de pollution qui peuvent avoir une atteinte certaine sur la santé humaine.
Notre laboratoire s’est intéressé à cette pollution par les métaux lourds et pour donner un exemple, on travaille sur l’ancienne mine de plomb argentifère qui est située en Bretagne.Il y a deux techniques assez nouvelles qui existent.
La première technique c’est la biorémédiation. C’est une technique qui fait appel à ces bactéries essentiellement pour nettoyer les sols.C’est une technique qui date environ de 20 à 25 ans, qui a été développée au départ par l’armée américaine parce que l’armée américaine est vraiment un pollueur important. Ils se sont sentis un petit peu coupables et ils se sont sentis obligés de développer des recherches pour nettoyer les sols pollués par la poudre et par les hydrocarbures.
Les bactéries sont un agent tout à fait intéressant et ils sont capables de découper des molécules polluantes pour en faire des molécules qui sont beaucoup moins polluantes.
Le deuxième mode,qui a été développé beaucoup plus récemment,date d’une bonne dizaine d’années, c'est ce qu’on appelle la phytoremédiation.
L’idée est la suivante :utiliser des plantes spécialisées pour nettoyer les sols. Le nettoyage des sols qu’ils soient contaminés par des polluants organiques ou des polluants inorganiques. Dans le cas présent évidement, on va s’intéresser à des polluants inorganiques.Mais les divers types de pollution qui sont susceptibles d’être traités par les plantes sont quand même assez vastes, et vont des produits pétroliers, les hydrocarbures en particulier,aux métaux lourds,aux radios nucléides, aux solvants chlorés, aux fertilisants et jusqu'aux boues d’épuration.
Ce sont des traitements qui ont lieu dans certaines usines, par exemple La Creusotte sous les Bois.La panoplie est assez large.Cette technique,qui a pris naissance aux Etats-Unis,s’est développée en Europe, et en France. En Bretagne, nous sommes le laboratoire ayant apporté cette technique.
L’avantage est qu’elle n’est pas coûteuse, elle est cinq fois moins chère que la moins coûteuse des techniques actuellement en place. Elle est très écologique, peu génératrice d’effets secondaires, elle ne pollue pas l’environnement bien au contraire parce que dans certains cas les plantes utilisées pour nettoyer les sols sont des plantes présentent dans l’environnement.
Quelles sont les inconvénients ? C’est une méthode qui est assez lente,qui va nécessiter un certain laps de temps,et qui mobilise des surfaces qui sont traitées.C’est un système qui ne travaille que relativement en surface.Au niveau du sol on va à un mètre de profondeur et au niveau des eaux souterraines à environ trois mètres de profondeur.
Parmi les différentes formes de cette phytoremédiation : la phytoextraction, consiste à l'extraction par la plante et l'accumulation par la plante des métaux lourds.Après on retire les plantes et en même temps les métaux lourds. Là on peut ou les extraire ou les faire traiter par des usines d’incinération.
La phytostabilisation :les plantes excrètent des exsudats, des molécules qui sortent par les racines, permettant d’immobiliser les contaminants dans le sol. La phytostimulation : ici on revient à la bioremédiation, parce que les plantes vont sécréter des molécules, qui vont stimuler les bactéries dont je vous parlais tout à l’heure. S’il n’y a pas ces plantes avant,
les bactéries travaillent beaucoup moins.Il y a ce qu’on appelle la phytovolatilisation, c’est le cas du mercure. Le mercure est pompé dans le sol et volatilisé dans l’atmosphère.La phytotransformation, c’est la plante qui récupère et transforme la molécule,donc le métabolisme.Et le dernier dont on peut parler, c’est le phytomagnime, c’est-à-dire extraction à partir des sols de métaux qui présentent un intérêt économique.
Lorsque ce sont des métaux qui coûtent très chers, on peut faire travailler les plantes aussi. Il faut différencier les racines
et les jeunes pousses. J’ai pris l’exemple du plomb parce que c’est un matériel qui nous excite, parce que comme je vous l’ai dit on travaille sur une ex-mine de plomb argentifère.Les potentialités sont les suivantes :quand on a les plantes les plus performantes on va jusqu’à 10 g de plomb par kilo de matières sèches. Et dans les jeunes pousses on va jusqu’à 100 g de matières sèches de la plante. Pour prendre un autre référentiel, la quantité maximum par hectare est de 150 à 200 kilos de métal lourd pour les plantes les plus performantes. C’est une technique d’avenir, une technique tout à fait encourageante qui est relativement peu coûteuse.C’est une technique assez nouvelle,c’est pour ça que les études comme celles de notre laboratoire paraissent tout à fait intéressantes pour avancer dans ce domaine.






Mis à jour le 28 janvier 2008 à 14:53