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B R È V E S


Le littoral vu par les jeunes
Les webtrotteurs des lycées Vauban et Kerichen sont allés à la rencontre des jeunes des écoles de Ouessant et du Conquet et leur ont posé une question simple : Pour toi, qu'est-ce que le littoral ?

Visionnez les réponses des jeunes :
- Ecole Sainte Anne à Ouessant
- Ecole Saint Joseph au Conquet



2005 : Le littoral et les avancées scientifiques > TR 2 : Un territoire sous pression  >  Témoin : Outils de précaution liées à l’assainissement

Témoin : Outils de précaution liées à l’assainissement

Francis Luck, Directeur des milieux naturels, Direction de la Recherche, du Développement et de la Technologie, Veolia Environnement

Biographie :

LUCK Francis

Compte rendu :

Voir la vidéo de Francis Luck


Transcription :

7 octobre 2005 TR2


Discours de Francis Luck

Je voudrais tout d’abord apporter de l’eau au moulin de Catherine Bersani, qui est intervenue tout au début de cette session, quand elle nous propose, pour réussir une gestion intégrée du littoral, que nous nous intéressions aussi à ce qui se passe dans une bande de terre qui va bien à l’intérieur. En fait, c’est la situation de notre groupe : Veolia Environnement est présent, non seulement sur le littoral, mais aussi de temps en temps – le plus fréquemment possible – à l’intérieur des terres. Et, de par la nature même de nos activités dans le domaine du traitement de l’eau potable et du traitement des eaux usées, nous avons de façon assez classique des situations où, sur un bassin versant donné, sur une rivière donnée, nous avons une succession d’usines d’eau potable, de stations d’épuration, une prise d’eau potable en aval d’une station d’épuration, etc… et ce jusqu’à ce qu’on arrive au littoral. Et ceci nous impose, en premier lieu, bien évidemment, un certain nombre de précautions en ce qui concerne, plus particulièrement, l’assainissement.
Bien que la gestion des ressources d’eau ne nous incombe pas en tant que délégataires de service public, nous ne nous interdisons pas de nous y intéresser, bien au contraire. Pour revenir au thème modélisation, nous avons développé dans ce cadre-là, qui est assez large, des modèles ou plutôt - pour nous - des outils d’aide à la décision et à l’évaluation des risques en ce qui concerne les ressources d’eau potable sur des bassins versants. Nous avons développé un outil d’évaluation des risques microbiologiques, et en particulier de la contamination microbiologique des rivières par, non seulement les stations d’épuration mais, de façon plus large, par toutes les activités agricoles - en particulier, les abattoirs, etc… - et les autres activités qui rejettent des contaminations bactériologiques dans les rivières. Ce modèle-là tourne, il a été calibré et il nous sert dans beaucoup de régions françaises pour établir une grille de risques, du plus élevé au plus faible, et corrélativement nos exploitants assurent des campagnes de prélèvements pour faire face à ces risques potentiels. Un outil un peu symétrique et semblable est en cours de développement, cette fois-ci pour les pollutions d’ordre chimique produites, non seulement par les industries chimiques quelconques, comme on se l’imagine classiquement, mais aussi par toutes les activités industrielles et artisanales utilisant des produits chimiques qui sont susceptibles de se retrouver dans les ressources d’eau ; quand je parle de « ressources d’eau », bien sûr, c’est sous-entendu que tôt ou tard ces pollutions se retrouvent sur la côte et dans la mer, avec des impacts potentiels qu’il est toujours assez malaisé d’évaluer à priori.
Enfin, dernier volet sur cette modélisation, nous avons mis au point un outil que nous appelons le SAERS, dans le cadre d’une collaboration assez étroite avec l’IFREMER. Il s’agit d’un système d’aide à l’évaluation des risques sanitaires pouvant peser sur les eaux de baignades. C’est un outil qui a été déployé sur une vingtaine de plages cette année, et c’est donc un outil que nous mettons à la disposition des municipalités du littoral pour évaluer, avec un temps d’avance, les risques pouvant peser, à un moment donné, sur des plages, sur des eaux de baignade – contrairement aux analyses bactériologiques classiques qui mettent 48h. Nous utilisons, bien sûr, notre connaissance du bassin versant et des incidences que peuvent avoir les évènements pluvieux, parce que cela a une répercussion sur la qualité des rivières et donc sur la qualité des eaux de baignade. Le SAERS est couplé avec le logiciel Mars 2D développé par l’IFREMER pour modéliser justement, entre autres, la dispersion de ces polluants dans les zones côtières avec les effets de hauteur d’eau, de courants, etc… Nous avons mis au point une interface très simple, avec un certain nombre de scénarios préétablis, pour que l’exploitant, l’ingénieur ou le technicien des services techniques de la municipalité puisse estimer un niveau de risques et, le cas échéant, prendre une décision. Il revient toujours à la municipalité de hisser le drapeau rouge pour un certain temps. Ceci est facilité maintenant par le développement analytique en parallèle de deux méthodes rapides d’analyses des contaminations - et notamment des coliformes fécaux - avec un résultat en 2h, ce qui permet de confirmer l’état de dégradation des eaux de baignade et, quand l’alerte est passée, très rapidement de re-hisser le drapeau vert pour la plus grande satisfaction des touristes auxquels, maintenant, on ne peut pas imposer des contraintes inutiles.
Alors voilà un peu l’aspect prédictif, l’aspect modélisation. Je voudrais terminer mon témoignage rapide par un éclairage sur des techniques de traitement curatif qui peuvent s’appliquer en zone littoral, et je voudrais parler en particulier d’un développement assez récent qui s’appelle le bioréacteur à membrane. Il s’agit du couplage d’un traitement biologique des eaux usées conventionnelles à l’aide de boues activées avec une membrane de microfiltration. Ce couplage permet, d’une part, d’avoir une station d’épuration beaucoup plus compacte, puisqu’on n’a plus besoin de cette étape assez volumineuse qu’est la décantation des eaux usées traitées pour en extraire les boues, les renvoyer dans le bassin et en décharger l’eau propre. Ce gain de place est toujours important en zone littoral, comme on l’a mentionné amplement dans cette session. Le deuxième avantage est que, du fait de la mise en œuvre d’une membrane de microfiltration, on élimine complètement les bactéries, lesquelles sont trop grosses pour passer à travers ces filtres. On élimine également 99%, soit 2 log des virus – ce qui est là aussi très appréciable dans le cas des eaux de baignades. Ces technologies sont, pour l’instant, surtout utilisées en milieu industriel. Elles commencent à être utilisées en France à l’échelle municipale, et je donnerai un exemple qui intéresse plus particulièrement le littoral : depuis maintenant 2 ans, l’Ile de Ré est munie d’une station de ce type, pour une capacité de 20 000 habitants et avec, comme avantage supplémentaire, que compte tenu de la très haute qualité de l’eau épurée passant à travers ces membranes cette eau est partiellement réutilisée pour l’irrigation et pour l’arrosage. Quand on se rappelle du contexte de sécheresse de cet été je pense que, sur des zones littoral et notamment dans l’Ouest de la France, c’est une technique qui pourrait être mise en pratique dans les prochaines années. Elle reste, certes, un peu plus chère dans l’absolu que les techniques conventionnelles, mais quand on se trouve dans ces situations de foncier très cher, et de nécessité, peut-être à terme, de réutiliser l’eau - pour divers usages non potables, je précise – c’est une technique qui est tout à fait intéressante. Voilà donc mon témoignage très bref sur différents aspects concernant, et la modélisation d’une part – ça c’est plutôt la prévention –, et le traitement.






Mis à jour le 22 janvier 2008 à 10:09