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1999 : de l’animal à l’homme > TR 2 : L'élevage et la consommation face à la mondialisation >  Discours de Gérard Montant

Discours de Gérard Montant

Docteur en Sciences de l'éducation. Secrétaire général de l'Association pour l'information et la défense des consommateurs salariés, membre du Conseil national de la Consommation, du Comité des consommateurs européens auprès de la Commission de Bruxelles

Biographie :

MONTANT Gérard

Compte rendu :

Transcription :


22 octobre 1999 TR2


Discours de Gérard Montant :


Je suis le représentant de consommateurs français auprès du comité des consommateurs de Bruxelles, en même temps je suis Secrétaire Général d’une des organisations de consommateurs, celle de la C.G.T., au cours du deuxième trimestre, j’ai organisé une série de colloques sur le thème de la sécurité alimentaire, la production la transformation de la distribution et les (O.G.M.) organismes génétiquement modifiés. En préparation, nous avons un colloque de synthèse qui va réunir des organisateurs de12 pays européens, plus des chercheurs. Dès que l’on aborde les questions de l’alimentation, on a tout de suite un débat passionnel. Ce n’est pas l’industrialisation de l’agriculture qui est mauvaise en soi, c’est comment on a industrialisé l’agriculture. Ce n’est pas le fait de donner des farines aux animaux, c’est le problème du contenu de ces farines. Essayer de répondre aux questions qui sont posées. Il faut être très au clair avec ce que l’on appelle le consommateur, il n’existe pas, surtout dans le domaine alimentaire, car le consommateur découle de la situation sociale. Les démarches diffèrent selon les revenus. L’âge aussi intervient. Le niveau culturel, ça dépend des conceptions philosophiques, religieuses, considérées par certains comme irrationnelles. Le consommateur même divers, qu’est-ce qu’il attend ? Il attend des produits salubres, qui ne lui posent pas des problèmes de santé. Il attend que ces produits soient nutritifs. Il attend qu’ils soient gustatifs, qu’ils ne mettent pas en cause l’environnement et qui soient capables de nourrir la planète. Le rôle de notre association à Bruxelles, je ne peux pas dire qu’il soit nul, mais il n’est pas à la hauteur des exigences, les consommateurs devraient être saisis de tous les problèmes de la consommation, or ce n’est pas le cas, parce qu’il y a une direction de l’agriculture qui prend ses décisions sans consulter, il y a une direction des finances. Les consommateurs ont des structures de défense qui sont extrêmement faibles et là c’est un problème politique, ce que nous demandons, c‘est que tous les problèmes soient soumis aux organisations de consommateurs avant que les décisions ne soient prises. Bien entendu, c’est le pouvoir politique qui décidera mais il aura l’avis des consommateurs. Si vous refusez de manger de la viande aux hormones, vous êtes un révolutionnaire, si vous exigez une réglementation sur les farines carnées, vous êtes considérés comme des bolcheviks, quand vous posez des questions de cette nature. L’utilisation dans l’élevage des antibiotiques très certainement nécessaire contenu des formes de production, est telle qu’aujourd’hui les humains sont résistants aux antibiotiques et un certain nombre d’antibiotiques sont résistants aux antibiotiques. L’une des principales causes de cette situation a été la politique agricole commune qui a favorisé le rendement au détriment de la qualité. La culture intensive à grand renfort d’engrais, l’élevage hors sol à grands renforts d’antibiotiques, ceux-ci ont détruits les nappes phréatiques, les grandes centrales d’achat sont aussi responsables de la façon dont on pousse les agriculteurs à produire, Carrefour annonçait hier 22 F le kilo de porc, ce qui signifie pour que ce soit rentable, élevage intensif. Il y a une série de responsabilités, lorsque nous mettons en cause la politique agricole actuelle, conduite depuis un certain nombre d’années, il y a une série de faux débats qui sont faits : ex. grâce à la production intensive, les prix ont baissé, le prix de vente au consommateur, mais a-t-on évalué le coût social, le prix pour dépolluer l’eau ? L’augmentation d’impôts pour payer la PAC ? Les scientifiques s’interrogent pour savoir si l’E.S.B. ne va pas passer chez les humains. Le consommateur n’est pas seulement un consommateur, il est aussi un producteur, il est aussi un salarié et il est aussi un citoyen.




Mis à jour le 05 février 2008 à 14:45