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1999 : de l’animal à l’homme > TR 6 : L'expérimentation animale >  Discours de Germaine Dorange

Discours de Germaine Dorange

Biologiste et enseignante, CHU Morvan de Brest, maître de conférences à l'IUT de Brest

Biographie :

DORANGE Germaine

Compte rendu :

Transcription :


23 octobre 1999 TR6


Discours de Germaine Dorange :


Je suis enseignant-chercheur à l’U.B.O., j’ai donc cette double casquette. Enseignante, je suis confrontée lors de l’expérimentation animale, de plus en plus aux réactions des étudiants qui dans certains cas, deviennent à mon sens, excessives, des étudiants qui sachant qu’il font de la biologie refuse maintenant l’expérimentation animale. C’est un des côtés de mon métier, d’autre part je suis confrontée à l’expérimentation animale, bien que j’ai le beau rôle aujourd’hui, puisque je travaille sur un type de méthodes alternatives, il s’agit des cultures cellulaires. Mais qui dit culture cellulaire, dit dans certains cas au départ de la culture, quelques animaux. Dans ce qui vient d’être lu, notamment la phrase qui concerne les méthodes alternatives, ce sont des méthodes qui permettent de limiter ou de remplacer dans certains cas particuliers, l’expérimentation animale. Parmi ces méthodes alternatives, la culture cellulaire est une des méthodes majeures qui va permettre effectivement de limiter l’expérimentation animale. En bref, en quoi ça consiste, il en a été question, là tout à l’heure, on a fréquemment parlé des cultures de cellules et de leur intérêt en thérapie cellulaire. On va prendre des cellules d’un organisme vivant, on va les mettre dans les boîtes, on va leur donner les nutriments nécessaires, on va respecter les conditions de température et d’environnement gazeux. Sachant que ces cellules dans ces boîtes, auront deux possibilités ou deux stratégies, ou elles vont effectivement se maintenir fonctionnelles in vitro, et là on aura des modèles intéressants pour aborder la toxicologie, la pharmacologie. Ou alors elles vont proliférer et on pourra avoir comme application in fine, de la virologie. Pour faire pousser des virus, il faut avoir des cellules qui prolifèrent, parce que les virus comme tout un chacun le sait est un parasite cellulaire, intracellulaire obligatoire. Voilà les deux possibilités dont on dispose, des cellules qui vont fonctionner et qui seront adéquates, pour certains types d’application et des cellules qui prolifèrent qui le seront pour d’autres. Quand je lis : “Le panel s’accorde pour préconiser l’utilisation des méthodes alternatives et souhaite que ces méthodes soient utilisées de préférence dans les phases préalables de l’expérimentation chaque fois que cela est possible”, je cautionne bien entendu. Mais je crois qu’il ne faut pas se fermer les yeux, les cultures de cellules ne remplaceront pas, l’expérimentation animale. Il y a quelque chose qui me heurte un petit peu, qui dit que “les scientifiques doivent quand même faire très attention à l’utilisation des animaux “, comme tout un chacun, le scientifique a une sensibilité, il ne tue pas des animaux pour son plaisir. S’il le fait ou s’il anesthésie un animal, c’est parce qu’il y a souvent la nécessité de montrer, c’est le cas d’un enseignant, soit parce qu’il est convaincu que c’est indispensable et c’est indispensable, quand on a à comprendre ou qu’on a à mettre en évidence qu’un médicament ou qu’une substance qu’on vient de synthétiser, va permettre de soigner. On peut mettre en cause l’expérimentation animale quand on n’est pas directement concerné. Lorsque l’on a besoin de manger, on se posera moins de problèmes. C’est très égoïste, quand on a besoin d’être soigné et qu’on sait que ce médicament va être actif, on n’a pas de cas de conscience. Quand on a un besoin, on apprécie d’avoir une solution qui est obtenue grâce à l’expérimentation animale. Il y a beaucoup à dire entre autres sur la cosmétologie, où l’on peut utiliser la culture de cellules en alternative à l’expérimentation sur les animaux.





Mis à jour le 06 février 2008 à 14:30