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1999 : de l’animal à l’homme > TR 5 : Les xénogreffes >  Discours de Louis-Marie Houdebine

Discours de Louis-Marie Houdebine

Docteur en biochimie, directeur de recherches à l'INRA, spécialiste de la lactation, membre de la Commission du Génie Génétique-INRA

Biographie :

HOUDEBINE Louis-Marie

Compte rendu :

Transcription :


23 octobre 1999 TR5


Discours de Louis-Marie Houdebine :


La cellule qui tapisse nos vaisseaux, c’est la première cible du rejet des xénogreffes, c’est le premier rejet et c’est la cible principale quand l’organe est remis en circulation chez le xénogreffé, évidemment le sang de l’autre arrive sur ces cellules-là en premier, on s’est rendu compte à ce moment-là que ces cellules-là étaient détruites par le sang de l’autre et ça faisait des thromboses, colmatation des vaisseaux et mort de l’organe. On a identifié que sur les cellules de porc, il y avait à la surface un certain nombre de structures biochimiques qui n’existaient pas dans nos cellules, et que c’étaient ces structures qui étaient reconnues par le sang du primate, par le sang humain. En fait si le rejet est extrêmement rapide, c’est parce qu’il se trouve dans notre sérum toute une série d’anticorps qu’on appelle naturelle, des anticorps qui sont dirigés contre toutes sortes de choses et qui n’ont pas besoin d’être induits pour agir. Parmi ces anticorps qui sont d’une très grande variété, ils s’en trouvent toujours qui vont reconnaître ces structures, dès que cette reconnaissance a lieu et ça se passe en quelques minutes, ça déclenche un système qu’on appelle le complément et qui va tuer les cellules endothéliales. Le jeu est terminé, l’organe est mort. Alors pour lutter contre cette première forme de rejet, les gens ont imaginé de transférer à des porcs des gènes qui pourraient combattre ce mécanisme de rejet. Les coeurs et les reins de ces porcs quand ils sont greffés à des singes peuvent résister quelques semaines, ça veut dire qu’effectivement en mettant des gènes étrangers dans un porc, on peut arrêter un mécanisme de rejet. Cela donne tous les espoirs, ce qui signifie que peut-être dans cinq ans, dans dix ans, on pourra procéder à des xénogreffes porcs-hommes. Xénogreffe veut dire qu’on à faire à un phénomène très complexe, puisqu’il se passe dans un organisme entier et pas dans un tube à essai. Si on veut comprendre les phénomènes, il faut travailler In Vivo. Le transfert de gènes est l’outil essentiel. On peut procéder dans les embryons à une micro-injection de gènes, ensuite l’embryon est remis à développer dans une femelle adoptive et on obtient à la fin un animal transgénique. Ceci permet d’ajouter des gènes tout simplement, ça ne marche pas trop mal, en tout cas c’est suffisamment performant pour fonctionner chez le porc. C’est par ce procédé qu’un certain nombre de porcs a été obtenu. Récemment il y une autre technique qui a été proposée, qui dérive très directement des expériences de clonage. Dolly est vraiment la brebis, animal symbolique, qui a permis de débloquer cette technique. Quel est le principe de ceci, on peut maintenant à partir de cellules différenciées, c’est à dire comme à présent les cellules de la peau d’un embryon ou d’un foetus, on peut prendre ces cellules, les cultiver, pendant la culture, ajouter des gènes, on peut faire une opération plus subtile, qui consiste à remplacer un gène. On met un gène semblable à un gène de l’autre et ce gène qu’on a rajouté dans la cellule, va prendre la place de la cellule. Ce qui revient en pratique à inactiver un gène, on peut remplacer un gène actif de la cellule, par un gène inactif, les structures biochimiques qui sont à la source du rejet, si vous supprimez les gènes qui sont à l’origine de la synthèse de ces structures, vous pouvez imaginer que vous allez réduire une partie du mécanisme de rejet. C’est effectivement un peu ce qu’on observe. Ce qui est possible, maintenant c’est de prendre des cellules foetales de les cultiver, de faire entrer des gènes pour ajouter une information génétique ou d’inactiver un gène. Ceci ne peut pas se faire encore chez le porc, mais se fait chez les ruminants domestiques et cela se fait avec un certain succès. On ne peut pas le faire autrement que dans des cellules en culture, il faut régénérer un animal entier, c’est pour cela qu’on utilise la technique de clonage et qu’on ajoute dans un nouveau site dont on a enlevé le noyau, par inspiration à l’aide d’une pipette, on rajoute une des cellules que l’on vient de cultiver dans laquelle on a ajouté ou enlevé un gène et on reconstitue un embryon viable avec un faible rendement, mais ça marche tout de même, et évidemment cet embryon lui, est transgénique avec ce procédé là, on pense que le porc va devoir bénéficier de ces techniques et qu’on pourra rajouter et enlever les gènes que l’on souhaite, ça pourra servir entre autres à la xénogreffe.




Mis à jour le 06 février 2008 à 14:23