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1999 : de l’animal à l’homme > TR 7 : L'embryon, héros inconnu du débat bioéthique >  Discours de Véronique Amice

Discours de Véronique Amice

Biologiste de la reproduction au C.H.U. de Brest

Biographie :

AMICE Véronique

Compte rendu :

Transcription :


23 octobre 1999 TR7


Discours de Véronique Amice :


La définition de l’embryon doit être précisée en fait pour les histologistes et les embryologistes classiques, l’embryon, ce n’est pas l’oeuf fécondé divisé qu’on va transférer à la femme, ce n’est qu’un oeuf fécondé, divisé au départ, et ce n’est un embryon qu’à partir du moment où il y une différenciation. C’est à dire à partir du moment où il s’est implanté dans l’utérus. On parle vulgairement embryontouse dans les métiers de l’aide médicale à la procréation, mais c’est une extension, en fait ce n’est pas la définition exacte.

Pourquoi est-ce qu’on parle de l’embryon, parce que depuis que Monsieur Edwards a réussi, d’abord chez les lapins à fabriquer des embryons in vitro puis chez l’être humain, ça a donné une énorme possibilité à des tas de couples infertiles qui étaient absolument désolés de ne pas pouvoir avoir d’enfants. On en parlera aussi de désirs d’enfants. Ce désir d’enfant fait partie de pulsions qui sont des pulsions de reproduction pour toute espèce mais qui est aussi très, très conditionné par tout ce qui est social, physiologique etc. Il est bien évident qu’un certain nombre de couples qui viennent nous voir pour obtenir des enfants en aide médicale à la procréation ne sont pas seulement poussés par leur désir propre d’enfants mais aussi, par la pression sociale et familiale. Donc il y a tout un étau autour de ça. Pourquoi est-ce que les centres d’aide médicale à la procréation existent un peu partout dans le monde, en France il y en a 120 normalement qui sont agrées par le ministère de la Santé. En France tout ce qui est aide médicale à la procréation, est remboursée par la sécurité sociale, aider à la naissance d’un enfant c’est très important pour le pays qui est la France, mais ce n’est pas du tout le cas dans de nombreux pays. Aux États Unis il n’y a pas de remboursement de sécurité sociale, en Belgique c’est limité à partir du deuxième enfant, en Angleterre, il y a très peu de remboursements. En France il y a une liberté au niveau financier qui est très importante, cependant en ce qui concerne la fécondation In vitro, la sécurité sociale arrête de rembourser les tentatives de fécondation in Vitro à partir de quatre parce que ça coûte très cher, entre 15 000 et 100 000 fr. Donc c’est un poids énorme, pour la société au bout du compte d’obtenir un enfant par ces techniques. Pourquoi est-ce que des gens viennent nous demander des enfants. C’est parce qu’il y a le poids social et le désir de se reproduire mais aussi parce qu’ils ont des problèmes physiques qui font qu’ils ne peuvent pas en avoir. Au début la fécondation in vitro a été inventée pour les problèmes des femmes qui avaient des trompes abîmées. Ces femmes qui avaient des trompes abîmées pour des raisons de problèmes infectieux, qui étaient restés latents ou des problèmes de chirurgie, ces femmes ont pu obtenir des grossesses avec la fécondation in vitro parce que le principe de base, c’est de mettre en présence ovocytes et spermatozoïdes dans une petite boîte. Autrefois c’était dans des boîtes de verre, c’est pourquoi, on dit In Vitro. Maintenant ce sont de petites boîtes de plastique stérile. D’autres techniques sont venues s’ajouter à celles-là, l’insémination intra-utérine, qui est une façon plus simple de faire de la fécondation avec l’aide médicale, aller mettre directement les spermatozoïdes dans l’utérus d’une femme qui peut avoir un problème au niveau du col ou dont le mari peut avoir des problèmes, des spermatozoïdes peu mobiles, c’est une technique plus simple, il y en a une autre plus moderne que la fécondation In Vitro. La fécondation In Vitro a 21 ans maintenant puisque l’aînée Louise Brown, la petite anglaise, est maintenant adulte, elle n’a pas eu d’enfants mais il ne semble pas qu’il y ait des craintes de ce côté-là. C’est la technique qui est très largement répandue dans le monde entier, c’est la microinjection, intra-cytoplasmique, qu’est-ce que c’est ? C’est aller mettre carrément un spermatozoïde à l’intérieur d’un ovocyte avec l’aide de macro-manipulation parce qu’on travaille sur des toutes petites distances. Alors cette technique, elle a été d’abord inventée pour les couples dans lesquels les hommes ont des gros problèmes de spermatozoïdes, c’est une cellule qui est mobile, certains hommes ont des spermatozoïdes qui ne bougent presque pas ou en ont si peu que la fécondation ne peut pas avoir lieu. Donc on a les deux versants, le versant féminin, qui a des problèmes de fertilité, qui a été résolu en partie, par les fécondations in Vitro et le versant masculin. La micro-injection peut permettre d’obtenir des grossesses alors que ces gens-là étaient voués à une stérilité définitive. En intermédiaire, on a tous les couples qui peuvent avoir des problèmes d’hypo-fertilité pour lesquels on n’a pas de solutions, et qui vont bénéficier de ces techniques-là, bénéficié entre guillemets, c’est un mot médical, parce que ce n’est pas forcément bénéficié, ça peut être très lourd à gérer au niveau psychologique. On est entouré en France par la Loi de 94 par un décret qui est sorti, qui s’appelle le guide des bonnes pratiques en médecine et biologie de la reproduction et qui nous contraint un petit peu plus sur un certain nombre de chose que la loi de 94. Cette loi était certainement utile mais c’est vrai qu’elle a arrêté les possibilités de travail sur l’embryon, parce qu’elle interdit le travail sur la recherche, parce qu’elle interdit de fabriquer des embryons autrement que pour l’aide médicale à la procréation et il est bien certain que si ce sont des centres de routine nous n’aurons pas du tout envie de fabriquer des embryons pour travailler uniquement dans le but de l’aide médicale à la procréation. Il est bien certain que de grands centres de recherches, ont été très bridés et très malheureux, de ne pas pouvoir faire du diagnostic pré-implantatoire. La France a pris un énorme retard, au niveau du travail sur l’embryon, à cause de la loi de 94 qui doit être révisée maintenant.





Mis à jour le 06 février 2008 à 14:38