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2006 : La biodiversité du littoral > TR 2 : Outils et modèles de recherche pour étudier les écosystèmes >  Ecoflux : outils de surveillance de la qualité des eaux de rivières

Ecoflux : outils de surveillance de la qualité des eaux de rivières

Patrick Pouline, Ingénieur spécialiste dans l’étude de la qualité des eaux, responsable du réseau ECOFLUX depuis 2005, Institut Universitaire Européen de la Mer – Université de Bretagne Occidentale

Biographie :

POULINE Patrick

Compte rendu :

Voir la vidéo de Patrick Pouline


Transcription :

13 octobre 2006 TR2


Discours de Patrick Pouline


Bonjour à tous,

Je vais vous présenter brièvement le réseau ECOFLUX. Il faut savoir que dans le domaine des sels nutritifs, il existe de grandes variations à différentes échelles : variation climatique, anthropique, à l’échelle mondiale ou locale. Le réseau ECOFLUX est né en 1998 pour répondre à cette problématique. Il suit une expérience qui existait dans la région Aquitaine : ECOFLEUVE, mis en place ponctuellement avec des équipes du CNRS et des lycéens pour suivre des bassins versants de la Dordogne par exemple. L’idée a été reprise par Paul Tréguer, directeur de l’IUEM-UBO, pour le Finistère avec la création du réseau ECOFLUX en partenariat avec le Conseil général. Ce réseau ECOFLUX est un réseau de surveillance de la qualité des rivières du Finistère qui travaille en associant des particuliers, des lycées, des collèges, pour suivre avec une fréquence régulière et précise, hebdomadaire, les rivières sur trois paramètres : nitrates, phosphates et silicates.
Pourquoi un réseau ? On sait que depuis les années 70, des flux de sels nutritifs – nitrates et phosphates – ont tendance à augmenter dans la région Bretagne et cette augmentation a entraîné deux problèmes. D’une part, un problème lié à la production d’eau potable – la dégradation de la qualité de l’eau entraîne des problèmes de potabilisation – et d’autre part, des perturbations liées à l’écosystème puisque ces apports de nutriments – nitrates et phosphates entre autres – vont se concentrer dans les rivières, vont finir par arriver dans le domaine littoral et conduire aux apparitions d’algues vertes et de phytoplanctons toxiques. Ce sont les micro-algues qu’on retrouve dans la colonne d’eau et dans les coquillages et, lorsque nous les consommons, il peut y avoir des risques alimentaires et ce problème engendre des enjeux. La qualité de l’eau a forcément des enjeux écologiques mais également économiques puisqu’il va y avoir un coût pour la production d’eau mais aussi un coût lié au tourisme (pour les algues vertes par exemple) et un coût pour les industries car il leur faut une eau de bonne qualité. Dans les années 90, la Bretagne, par différents organismes (l’Agence de l’eau, la Diren , la DDASS ), a souhaité surveiller la qualité de ses rivières. Le réseau ECOFLUX ne souhaite pas se superposer à ces organismes mais, par sa fréquence et par la sélection de certains points de suivi, il apporte son « plus » dans ce domaine. Si on regarde ces points, treize bassins versants sont suivis, répartis sur l’ensemble du Finistère. Ils ont été mis en place en fonction de l’apparition d’algues vertes et de phytoplanctons : la Baie de Morlaix, la Baie de Douarnenez, on va suivre le Kerharo, le Lapic, le Pic, La Baie de Fouesnant avec le Saint-Laurent. En suivant de cette façon les bassins versants avec des prélèvements qui se font à l’exutoire – c’est-à-dire à la limite du bassin versant – on va récupérer l’ensemble des nutriments qui vont être drainés sur le bassin versant avant de se déverser sur la zone côtière. On peut donc avoir des suivis sur les nitrates, phosphates et silicates.

Comment fonctionne le réseau ?
On travaille avec des particuliers et des lycéens, il y a 25 bénévoles et 6 établissements scolaires qui participent, font des prélèvements de façon hebdomadaire grâce à un matériel très simple, une bouteille d’eau par exemple, et on peut ainsi récupérer des données puis les analysées à l’IUEM pour les phosphates et silicates et au Laboratoire vétérinaire de Quimper pour les nitrates. De cette façon, on peut intégrer les données, faire un travail de communication et de sensibilisation avec les différentes personnes concernées. Un des enjeux du réseau, ce n’est pas simplement d’être un outil de surveillance, de suivre ces variations climatiques et anthropiques, mais aussi d’avoir un rôle de communication auprès des jeunes. On intervient dans des lycées agricoles avec des personnes susceptibles de travailler plus tard dans le monde agricole et qui ont déjà un point de vue. On peut débattre avec eux en allant sur le terrain, voir exactement ce qui se passe et communiquer pour avoir ce rôle de préservation de la qualité de l’eau.
Les objectifs du réseau sont donc de connaître, dans treize bassins versants, la concentration en sels nutritifs, phosphates et nitrates, qui interviennent dans la croissance des algues et du plancton, mais aussi de suivre les silicates qui, s’ils ne rentrent pas dans cette croissance, jouent un rôle de témoin de l’impact des variations climatiques puisqu’on les retrouve dans l’érosion de la roche et lors de la dégradation des diatomées, phytoplanctons qui contiennent de la silice dans leurs frustules. Les variations de silice sont dues seulement à des variations naturelles ou climatiques non liées à l’être humain.
Deuxième point du réseau, c’est cette sensibilisation auprès des jeunes. Pour vous donner une idée, les différents établissements scolaires ont réfléchi depuis aux moyens qu’ils pouvaient mettre en place pour améliorer la qualité de l’eau, voir le lien avec l’irrigation, faire des enquêtes sur leur bassin versant pour voir d’où venait tel type de pollution. Cela crée un lien, une réflexion avec eux pour comprendre. On pense que c’est avec les futures générations de professionnels qu’on peut apporter une vision sur la qualité de l’eau, qui permettra d’améliorer celle des bassins versants.
Le dernier point, c’est la création d’une banque de données départementales qui permet de connaître les concentrations et les flux en nitrates, phosphates et silicates et qui est utilisée par différents organismes pour la modélisation, par exemple sur les algues vertes et également sur le transfert de ces sels nutritifs dans un bassin versant.

Je voudrais juste terminer sur ce qu’est un bassin versant. C’est une entité géographique importante puisqu’il va y avoir différents enjeux – agricoles, industriels, urbains – et si toutes ces personnes travaillaient vraiment ensemble pour comprendre cet enjeu, on pourrait arriver à améliorer la qualité de l’eau. Le but est de s’arrêter sur l’aspect humain des choses et le réseau ECOFLUX intervient également dans ce domaine.

Je vous remercie.





Mis à jour le 18 janvier 2008 à 15:41