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2009 : L'Heure bleue : Changement climatique, énergies de la mer et biodiversité > Table Ronde 2 – La recherche en réseau est une nécessité. Quelles démarches accomplies et pour quels résultats ? >  Témoignage 4 : Programme ECOKELP les algues brunes

Témoignage 4 : Programme ECOKELP les algues brunes

Martial Laurans IFREMER Pays partenaires : Chili PUC - France CNRS-UPMC (UMR 7144 et 7139), Ifremer / UBO / Roscoff / Danisco - Portugal Université d’Algarve

Biographie :

LAURANS Martial

Compte rendu :

Regardez la vidéo de l'intervention sur canalc2.tv : cliquez ici.

Téléchargez la présentation : cliquez ici.

Transcription :

15 octobre 2009 Table ronde 2


Discours de Martial Laurans :

(transcription sous réserve de validation)

Je vais vous présenter les travaux du projet ECOKELP qui dépasse le niveau européen puisqu’on a aussi des chercheurs Chiliens. L’objectif est de mieux comprendre l’écologie des laminaires. Quand on parle de laminaires au sens large, on parle de kelp puisque on trouve des laminaires en Bretagne, mais également dans d’autres régions et notamment en Amérique du Sud.
Comme la plupart des projets, nous avons un site internet qui présente des travaux et des résultats. Je vais vous montrer les différentes thématiques qui sont abordées dans ce projet.
Pourquoi s’intéresse-t-on aux laminaires ? D’une part, parce que, en milieu tempéré, elles représentent un écosystème. Si on prend seulement Laminaria hyperborea que l’on trouve en milieu côtier en Bretagne, on peut estimer qu’entre Cherbourg et le sud de la Bretagne, on a à peu près 3 millions de tonnes d’algues présentes ce qui est très important. Les laminaires constituent un habitat très particulier puisque, associées à ces algues, on va trouver une faune et une flore très conséquentes. L’intérêt est aussi de comprendre le rôle de ces algues dans leur écosystème et comment il va évoluer en fonction du changement climatique. C’est également une ressource économique non négligeable pour les zones littorales. Ainsi en Bretagne, on a une activité relativement importante qui va du récoltant jusqu’aux industriels. Il y a toute une chaîne économique qui dépend de ces algues, il y a donc un intérêt à avoir une gestion adaptée pour qu’il y ait pérennité de cette exploitation. On peut se poser la question suivante : voit-on sur ces champs d’algues des évolutions qu’on pourrait considérer comme négatives avec une diminution de biomasse ou une diminution de leur aire de présence ?
Dans le monde, il y a de nombreuses laminaires. Nous nous sommes intéressés à sept d’entre elles, dont quatre en Bretagne et en Europe, notamment :
- Laminaria digitata, la plus exploitée chez nous et présente également sur une partie des côtes américaines ;
- Undaria pinnatifida, introduite pour la culture puisque c’est avec cette algue qu’on fait le wakamé et elle s’est propagée dans le milieu , c’est une « algue invasive »
On s’intéresse également à deux laminaires exploitées au Chili :
- Lessiona nigrescens
- Lassiona trabeculata
La particularité de ce projet, c’est l’important travail de terrain. Ce n’est pas seulement un travail de laboratoire et d’analyse, il y a vraiment un travail de suivi sur le terrain.
Au niveau des partenaires, différents réseaux sont impliqués : Ifremer, la station biologique de Roscoff – CNRS, l’Université de Wimereux dans le Nord, les Universités Chilienne et Portugaise, le Parc marin d’Iroise et un partenaire industriel qui fait partie d’une des chaînes économiques et a tout intérêt à ce que l’exploitation continue à bien se faire.
Les principaux thèmes abordés sont :
- L’écologie et l’écophysiologie dans le but de voir comment les laminaires, et principalement Laminaria digitata, s’adaptent aux augmentations de température observées à différents endroits. Dans l’aire sud de répartition de cette laminaire, elle montre des diminutions d’abondance assez importantes, c’est le cas dans toute la zone de Quiberon. La question qui se pose est de trouver l’élément qui implique une telle diminution. Il y a à la fois un travail sur la partie macro des laminaires - il semblerait que le sporophyte soit très résistant - et on s’intéresse aussi à la partie microscopique qui semble être très sensible à des hausses de température vraiment faibles, mais qui deviennent létales. Il y a une mortalité importante des gamètes fixés sur le fonds, si la température augmente d’un degré en été quand l’eau est chaude et s’il y a une grande marée.
- On s’intéresse aussi à la dynamique, c’est-à-dire à l’évolution dans le temps quand la population est en place. Il y a des travaux relativement simples : c’est le suivi de la croissance des plans pour voir comment elle évolue au cours d’une saison, mais également quelle est l’évolution temporelle de cette croissance. On a des relevés du début des années 90 au début des années 2000 et encore aujourd’hui. Tout ça pour permettre de comprendre les changements observés sur la croissance de ces plans.
- On s’intéresse également à la génétique des populations pour en mesurer la richesse. A partir de là, voir quelles sont les populations les plus riches pour lesquelles il faut avoir le maximum de protection puisque, en cas d’évolutions négatives, c’est souvent à partir des populations les plus riches qu’on a une redéploiement.
- Nous nous intéressons aussi à la place des laminaires dans leur écosystème en regardant les liens existants entre la faune et la flore présentes dans le milieu. On s’intéresse notamment à l’impact des brouteurs directement sur l’algue qui, malgré des variations saisonnières, est faible. Par contre, quand l’algue est dégradée, on s’aperçoit que le carbone assimilé par l’ensemble des filtreurs provient dans certain cas à plus de 90% de l’algue. On peut conclure que l’algue dans son milieu a un effet structurant en terme d’alimentation mais aussi en terme d’habitat.
Nous avons également, depuis longtemps (1989), deux points de suivis. Tout l’intérêt d’un travail réalisé tous les mois avec le même protocole, est d’avoir un suivi à long terme et une connaissance des évolutions. On essaie de mettre ça en relation avec des changements de températures ou des changements du nombre de tempêtes en hiver. Globalement, sur nos deux sites de Portsall et Porspoder, deux points qui résument bien ce qui ce passe dans la mer d’Iroise, on a des informations depuis les années 90 jusqu’au début des années 2000. On constate une diminution du nombre de recrues, c’est-à-dire de plans qui se sont fixés sur le substrat. On ne comprend pas pourquoi pour le moment. Par contre, depuis 2000, on a une augmentation du nombre de plans. Pour l’instant, on a regardé tout ce qui est évolution de la température, mais sans pouvoir en tirer de conclusion, également parce qu’on est dans un endroit très brassé. Tout l’intérêt de suivre ces séries est aussi de les mettre en relation avec la production dans le secteur et essayer de prendre en compte les évolutions de biomasse pour gérer au mieux l’exploitation.




Mis à jour le 20 mai 2010 à 10:22